Mr fruit suros regime 5.2

D'un autre côté, si le greffon a été prélevé sur un cep malade, il y a bien des chances pour qu'il se dessèche sans se souder, car la présence du mal lui a enlevé une trop grande partie de sa vitalité pour produire la cicatrisation - on sait en effet que ce rôle lui appartient pour une bonne partie. D'autres fois, c'est latéralement et suivant une direction longitudinale que le mal commence et se propage dans le bois.

Il gagne peu à peu en profondeur et en longueur, et on observe bientôt une sorte de chancre allongé plus ou moins étroit, sur les bords duquel peut s'ébaucher un bourrelet cicatriciel, le plus souvent envahi lui-même avant d'avoir pu protéger d'une façon efficace les tissus ambiants. Dans beaucoup de cas, le cep envahi s'incurve, se contourne plus ou moins, et la partie altérée occupe la face concave de la crosse.

Cette forme s'observe particulièrement sur les ceps qui présentent ces symptômes particuliers dans l'appareil foliaire que M. Viala a réunis sous le nom de roncet et dont nous parlons plus loin. Ravaz, Affaiblissement de quelques vignes greffées, in Revue de viticulture, i, II, p. Gastine, Sur la gommose bacillaire ou mal ns'rn, in Progrès agricole el viticole, 15 juilletp. Si on sectionne transversalement un cep dans les parties malades, au bout de quelques minutes on voit perler à la loupe, ou même simplement à l'oeil nu, sur les ponctuations brunâtres, de très fines gouttelettes d'une matière gluante, presque hyaline, qui n'est autre que la gomme.

En se desséchant, cette substance se concrète en petites sphérules de couleur jaune clair qui devient avec le temps faiblement brunâtre. L'exsudation ne se produit plus à une période avancée de la maladie, lorsque des zones brunâtres ou fauves ont remplacé les points noirs.

Cela tient, comme on verra, à ce que la matière gommeuse a subi une modification chimique et, en même temps, physique importante. L'examen de l'écorce sur le pied ne fournit guère d'indications, sinon que, quand la plante est gravement atteinte, la couche profonde du liber et le cambium normalement très adhérents à l'aubier s'en détachent sans difficulté, par suite de la dessiccation de la zone cambiale.

Ce fait n'est cependant pas spécial à la maladie qui nous occupe ; il peut se rencontrer dans d'autres cas où la nutrition s'effectuant mal depuis longtemps dans la plante, les tissus générateurs ont perdu leur vitalité. Tel est le cas du pourridié, par exemple. Quelle valeur l'analyse microscopique permet-elle d'attribuer à ces altérations extérieures du bois? Des coupes minces faites à différentes hauteurs et dans des conditions variées dans les régions envahies du vieux bois donnent à observer plusieurs lésions successives que nous allons étudier.

Peu de temps après que l'altération a atteint une partie de bois on y voit au microscope, sur les parois des éléments, une coloration jaune qui indique un premier degré de transformation dans la nature de la membrane.

Cette coloration semble se manifester d'abord sur les rayons médullaires, mais parfois aussi elle peut débuter par les parois des vaisseaux et des cellules qui les entourent. En même temps dans le parenchyme des rayons médullaires l'amidon commence à brunir et perd peu à peu ses caractères chimiques. L'eau iodée, qui à l'état sain le colore en violet, agit sur lui d'une façon moins nette ; la couleur qu'elle communique au grain d'amidon varie du rougeâtre au brun.

Bientôt elle devient inactive et la coloration ne change plus quand l'amidon a commencé à brunir. Plus tard les grains isolés perdent la netteté de leur contour, et tous ceux qui sont contenus dans la cellule s'agrègent en une masse unique, mamelonnée, granuleuse, brune, rem.

A cette période, le perchlorure de fer fait virer la couleur de cette masse vers le noir, ce qui ferait supposer la présence d'un tannin ; pourtant la paroi ne noircit pas sous l'action du sel de fer.

Cette matière brune est insoluble dans l'eau, l'éther, la benzine. C'est à peine si l'alcool diminue sa teinte, mais l'eau de Javel la détruit en partie ; elle a une affinité faible pour les matières colorantes; avec le bleu de méthylène elle prend une couleur vert émeraude foncé. La coloration jaune du début se montre également sur les parois des cellules qui avoisinent les vaisseaux; leur contenu jaunâtre très clair commence à se teinter plus fortement et il ne tarde pas à acquérir les caractères physiques de la gomme.

La paroi des vaisseaux jaunit aussi, comme celle des l'ayons médullaires.

En même temps la gomme qui s'est accumulée dans les cellules circumvasculaires se répand en traversant les ponctuations dans la cavité du vaisseau; elle peut le remplir et l'obstruer complètement sur une longueur plus ou moins considérable ou bien ne constituer qu'un revêtement à sa surface. Dans d'autres régions de la tige la production de la gomme est peu considérable dans le parenchyme entourant le vaisseau; ses cellules produisent des thylles qui, dans les cavités vasculaires, se montrent de plus en plus nombreuses et développées, de telle sorte qu'à un moment donné, leurs parois se touchent.

Mais ces parois jaunissent et dégénèrent à leur tour en donnant une matière gommeuse qui s'accumule entre les thylles. L'abondance de la production de la gomme semble être en raison inverse de la rapidité d'évolution de la maladie. Dans les cas rapides même, les thylles dégénèrent avant d'avoir pris un développement notable et on trouve peu de gomme dans les vaisseaux ; on peut d'ailleurs s'en rendre compte par l'observation directe, car à la coupe, l'exsudation gommeuse qui apparaît sur la section des vaisseaux est insignifiante ou nulle.

De plus, dans les formes lentes, l'envahissement des rayons médullaires est tardif, tandis que, dans le cas contraire, il y apparaît au moins en même temps que sur le parenchyme qui entoure les vaisseaux.

La nature exacte de la matière gommeuse est difficile à caractériser exactement, car elle n'est qu'incomplètement soluble dans l'eau, même bouillante. Mùntz a bien voulu faire pour nous l'étude chimique du liquide provenant de la décoction d'une cer. Ce liquide donna comme extrait une matière plastique d'un rouge ocreux. Son analyse a permis d'établir que le bois d'où elle provenait renfermait 0. Cette analyse est forcément incertaine : on conçoit que le liquide a pu dissoudre des corps étrangers à la partie malade et que dans celle-ci les corps insolubles ont persisté.

C'est déjà néanmoins une indication. Cette dégénérescence gommeuse de la vgne diffère de celle des Amygdalées, prunier, cerisier, etc. On n'y observe pas dans les tissus de lacunes produites par la liquéfaction gommeuse des éléments : la transformation gommeuse ne dépasse pas une certaine limite.

La matière gommeuse épanchée se teinte de plus en plus en même temps que la paroi des éléments 5 elle devient bientôt opaque et brune et ne semble pas différer alors des produits de dégénérescence des autres tissus de la tige. A ce moment, elle paraît assez analogue à ces substances brunâtres qu'on trouve dans les éléments des bois attaqués par beaucoup de champignons parasites.

Les auteurs italiens qui ont étudié le mal nero diffèrent notablement d'avis sur sa composition. Pirotta et Cugini en ont fait une substance tannique ; pour MM. Goppola et Baccarini ce serait un composé ulmique. Il paraît prématuré de vouloir se prononcer sur ce sujet, car on possède très peu de données sur la nature exacte de ces substances, qui ont une composition chimique très complexe et dont les réactions sont mal établies.

Mangin admet que le rouge de ruthénium est le meilleur réactif à employer pour caractériser les composés pectiques et des substances qui parfois en dérivent, gommes, mucilages, etc. Ceci peut être vrai pour des tissus jeunes, mais ne peut guère servir quand on s'adresse à des membranes lignifiées. Si on traite ainsi une coupe de bois envahie par la gommose avec le rouge de ruthénium et en observant toutes les précautions.

Mangin, Comités rendus de l'Académie des sciences, 1S93, I, p. Mais après la fixation et la coloration de la gomme, de nombreuses granulations y apparaissent et sa nature chimique se trouve modifiée sans apporter, du reste, aucune lumière sur la question de son origine.

L'un autre côté, on n'observe plus de coloration lorsque la matière gommeuse est devenue tout à fait brune, non plus que sur la paroi des cellules de rayons médullaires et leur contenu amylacé transformé. Gela prouve simplement que cette matière est différente de la gomme fraîchement extravasée dans les vaisseaux, mais il n'est pas nécessaire pour le voir d'employer le rouge de ruthénium.

Les parois des vaisseaux et des cellules qui les avoisinent ne sont pas modifiées dans leur coloration, si ce n'est la partie la plus interne de la paroi, dans les cellules particulièrement, où elle acquiert une légère teinte rose, et surtout les ponctuations des vaisseaux qui seules se colorent vivement.

Les bactéries se rencontrent dans les tissus atteints dès la première période de la maladie. Plus tard, quand les tissus sont morts, la gomme à son tour transformée, la bactérie pathogène disparaît peu à peu, progressant toujours vers des régions encore saines, et c'est alors qu'on voit apparaître clans les tissus morts des mycéliums ou même d'autres bactéries saprophytes qui achèvent la carie et la décomposition totale du bois.

Les bactéries qu'on rencontre au début constituent de petits corps isolés ou plus rarement accouplés en diplocoques, courtement ovoïdes ou presque sphériques, mobiles. Elles sont difficiles à observer dans le parenchyme ligneux qui entoure les vaisseaux ou les cellules des rayons médullaires et on les y trouve le plus souvent accolées à la paroi. Dans les vaisseaux et les thylles, on les décèle plus aisément ; elles sont différentes des corps granuleux faiblement brunâtres que renferme la gomme quand elle commence à s'altérer.

Les bactéries se montrent toujours plus abondantes dans les tissus au printemps que vers la fin de la saison. La coloration dans les tissus permet de les voir plus nettement, mais c'est une opération assez délicate pour bien réussir ; en effet, les substances colorantes, violets de méthyle, de gentiane, bleu de méthylène, etc. Cette observation a déjà été faite par Cake citron dietetique. La coloration de la bactérie de la gommose ne réussit qu'avec des solutions colorantes peu alcooliques.

La coupe colorée est lavée plusieurs fois dans l'eau distillée et on la décolore dans l'alcool absolu additionné d'une faible quantité d'acide acétique quelques gouttes dans un verre de montre plein d'alcool.

La coupe décolorée à point est replacée dans l'alcool qui la déshydrate entièrement, plongée dans le xylol, éclaircie à l'essence de girofles, puis replongée dans le xylol et montée dans le baume du Canada au xylol, à moins qu'on ne préfère la glycérine, ce qui ne nécessite pas la déshydratation de la coupe, mais la décolore souvent au bout d'un temps variable. Les bactéries de la gommose bacillaire sont susceptibles de culture dans les milieux artificiels stérilisés : bouillon de veau neutralisé, décoction de sarments, additionnés de gélatine, de peptone, etc.

Les milieux gélatines prennent à la longue une faible coloration brunâtre, en même temps qu'ils se liquéfient. Ces bactéries se présentent sous l'apparence de bactéries courtement ovoïdes, souvent isolées, quelquefois unies en diplocoques, plus fréquemment en chapelets, en chaînes de Streptococcus. Dans les cultures vieilles, ou après plusieurs cultures successives sur bouillon de veau, on observe souvent une modification dans la forme de la bactérie : elle s'organise en chaînes de Leptothrix, dont les articles après séparation ont comme dimensions 0,75 X 1,25 millièmes de millimètre.

On peut colorer directement ces bactéries des cultures avec les substances colorantes dont nous avons parlé, et aussi avec le rouge de ruthénium. Nous avons tenté des infections sur un cep de Gamay blanc avec la forme Leptothrix au mois de mai et nous avons produit ainsi une des formes de la maladie qui est devenue apparente dès le printemps de L'infection pratiquée latéralement vers la base du cep s'est étendue de chaque côté à une distance de plus de 5 centimètres, mais sans atteindre la partie supérieure de la tige, et les sarments qui ont poussé au printemps de cette année, grêles et rameux, ont fourni des feuilles petites, incisées avec une apparence de roncet.

Dacciiiini, II mal nero délia vite, in LeStasioui sperimeatali agrarie ituliane. En Italie les bactéries ont été observées sur les ceps atteints de mal nero par Garovaglio dès Cornes les a revues et dénommé cette espèce Baclerium gummis. Tout récemment MM. Gino Gugini et Baccarini ont isolé séparément une forme à laquelle M. Baccarini a appliqué le nom de Bacillus vitivorus, et qui semble identique à la nôtre. Récemment, M. Ravaz a trouvé aussi des bactéries sur des porte-greffes présentant des altérations analogues à celles que nous décrivons Revue de viticulture, II, p.

C'est à la présence de cette bactérie que nous attribuons la transformation, et consécutivement la mort des éléments anatomiques. Oïi ne peut néanmoins que faire des suppositions en ce qui concerne la cause intime qui préside à la production de la gomme et des thylles, et aussi pour ce qui est de celle qui fait prédominer l'une ou l'autre de ces néoformations.

Il est possible que l'irritation causée par les produits de sécrétion des bactéries entrées par les plaies amène une réaction de la plante ; celle-ci alors donne naissance à de la gomme ou à des thylles dans la partie vivante du bois, c'est-à-dire dans le parenchyme non lignifié, qui dans la vigne est, comme on sait, localisé au pourtour des vaisseaux.

Le parasite se trouve ainsi arrêté dans sa marche envahissante, à moins qu'il ne pénètre l'obstacle qui lui est opposé. La production de gomme et de thylles peut alors être considérée, au moins dans le cas actuel, comme l'homologue de la subérification, qui apparaît dans des circonstances à peu près semblables, mais seulement dans des tissus essentiellement vivants et susceptibles de devenir le siège d'une prolifération cellulaire active.

Ceci n'est d'ailleurs qu'une hypothèse, nous l'avons dit ; elle a été émise à peu près en même temps par M.

Frank 1 et M. Vesque 2. Mais cette hypothèse a l'avantage d'expliquer certains faits, celui-ci, par exemple. Parmi les nombreuses plaies que la taille et les autres opérations culturales font subir à la vigne, il n'y en a certainement, même au milieu d'un foyer d'infection, qu'un chiffre minime qui deviennent le point de départ d'une infection généralisée, la carie s'arrêtant le plus souvent à une faible distance de son point de départ ; on conçoit alors sans difficulté comment, daiis la lutte engagée entre la vigne et son ennemi, elle peut prendre le dessus et résister à l'attaque.

Nous avons vu, d'un autre. Ueber Gummibildung im Holze, etc. Rôle des tissus vivants dans l'ascension de la sève. Annales agron. Mais la violence de l'attaque tue rapidement les cellules dans ce dernier tissu, et comme l'activité cellulaire n'y a plus qu'une courte durée, on n'éprouve aucune difficulté à concevoir que la quantité de gomme épanchée et le nombre des thylles y soient très minimes. Les champignons saprophytes qui s'introduisent dans les tissus morts du cep et en hâtent la destruction totale sont nombreux et varient avec les régions.

En Bourgogne, sur les ceps atteints d'aubernage, on trouve très fréquemment un hyphomycète qui se montre sous l'apparence de petites plaques veloutées noires, sur le bois mort ; c'est le Torula antennata Pers. On le trouve, du reste, aussi bien sur les bois débités de frêne, de hêtre, etc.

Dans la Sarthe, les échalas de châtaignier qui servent à palisser les vignes portent parfois un agaric saprophyte très commun sur les souches mortes dans les bois, V Ilypholoma fasciculare. Il avait envahi aussi les parties mortes des racines et le bas de la tige des vignes, mais il n'était pas la cause véritable de leur dépérissement.

Dans le Var, à la Cadière, les cicatrices ligneuses des vignes malades portent un Coniothecium et le Pestalozzia sarmenli Pass. Le mycélium de ces divers champignons se rencontre dans le bois à des profondeurs variées et augmente la teinte brunâtre des tissus déjà envahis par la gommose bacillaire.

Néanmoins, si l'on fait porter cet examen sur un nombre suffisant d'échantillons, on trouve tous les intermédiaires. De plus, l'étude du bois vient lever les derniers doutes, et permet à l'observateur de se faire une idée exacte de la nature des accidents observés el de leur cause première.

Dans la seconde, l'infection n'atteint pas les rameaux jeunes; elle réside dans une autre partie du végétal, mais les organes foliacés en subissent la répercussion plus ou moins lointaine. La forme la plus grave de notre premier groupe correspond à cet ensemble de symptômes que MM.

Foëx et Viala ont réunis sous le nom de gélivure. Sa description viendra après celle des formes plus bénignes, auxquelles nous attribuerons, à l'exemple de M. Couderc, le nom de dartrose. Forme dartrose. Quand le jeune sarment a acquis une certaine longueur, on voit se produire, le plus souvent vers son extrémité, quelquefois sur les vrilles ou même les pétioles, de petites stries plus ou moins nombreuses, qui ne tardent pas à faire une trace un peu déprimée d'un jaune livide sur le fond vert de l'écorce.

Ces stries ont à peine un millimètre de largeur et quelquefois un centimètre de long ; plus tard, elles se dessèchent et se cicatrisent en se couvrant de petites écailles subéreuses jaunâtres. Elles peuvent s'étaler un peu, mais sans être, pour cela, plus profondes fig. La base du cep se trouve la plupart du temps indemne de ces stries, mais elle présente d'une façon générale de ces petites pustules brunes plus ou moins confluentes qui caractérisent ce qu'on a nommé l'aiithracnose ponctuée.

Dans ces formes légères qui marquent le début de l'infection d 1 cep, on n'observe rien, en général, sur les feuilles. Quelquefois, mais seulement sur certains cépages, elles prennent préma. La floraison, la fécondation des fleurs, la maturation du raisin sont peu atteintes. Mais il est un caractère constant, c'est l'altération des tissus au moins à la base du sarment. La moelle est toujours plus ou moins colorée en brun clair, et le bois reviews on rajeunir medical spa reviews sur la coupe transversale une portion de sa surface où il est d'un brun jaunâtre.

Au microscope, on trouve dans la région atteinte les parois des éléments colorés en jaune. La coloration paraît débuter dans le cambium et la partie profonde du liber, pour gagner par les rayons médullaires les jeunes faisceaux ligneux ; au moment de la taille du sarment, elle est déjà bien plus apparente. L'écorce participe aussi à ces altérations; elles s'y localisent aux régions où se montrent les stries dont nous avons parlé.

Les bactéries que nous avons signalées dans le vieux bois se retrouvent ici plus abondantes au printemps, ce qui concorde bien avec la diminution d'intensité des phénomènes morbides à l'arrièresaison. Dans une forme plus accentuée qui ne paraît pas débuter dès la première année de maladie, les symptômes que nous avons décrits sont plus marqués et leur allure plus rapide. Les bourgeons ne s'ouvrent qu'avec un retard notable. Ils sont petits, grêles, surtout ceux du haut. Quelques-uns môme ne se développent pas et sèchent ; parfois les grappes se montrent en même temps que les premières feuilles.

Les lignes jaunâtres qui se dessinent sur les entre-noeuds supérieurs brunissent, sans montrer de tendance à se cicatriser fig. En même temps, une nutrition imparfaite et vicieuse imprime aux organes végétatifs des modifications pro-- fondes et caractéristiques dans leur croissance.

Les rameaux s'allongent peu et s'aplatissent, leurs mérithalles se rapprochent. Ces feuilles nouvelles restent toujours plus petites que les feuilles normales, plus épaisses et aussi plus larges, avec un sinus pétiolaire largement ouvert. Cette ramification exagérée et ces feuilles de forme particulière donnent à la souche une apparence qui s'éloigne du port ordinaire de la vigne et font reconnaître sans difficulté un cep malade parmi ses voisins. Il faut avouer que parfois on se trouve embarrassé à première vue, car le phylloxéra ou le pourridié peuvent produire des anomalies assez semblables sur les organes végétatifs, et le fait se conçoit aisément, si l'on considère que la cause, quoique très différente, agit dans tous ces cas par le même mécanisme, en gênant l'ascension des liquides séveuxouenen diminuant la quantité, ce qui, en somme, revient au même.

L'effet immédiat de la maladie sur les fleurs est la coulure souvent générale. Quelquefois, des grappes peu fournies arrivent à se développer à peu près, mais elles ne produisent que des raisins petits et acides, sur lesquels on voit souvent des taches d'un gris violacé ou cendré. La partie inférieure du sarment n'est pas en général indemne. Indépendamment de l'anthracnose ponctuée qui est surtout abondante dans cette portion de la branche, les stries noires s'y produisent aussi, mais plus longues et plus creusées.

C'est à ce moment qu'elles présentent une ressemblance éloignée avec les chancres de l'anthracnose ; mais ceux-ci sont moins régulièrement allongés, et ils portent toujours sur leurs bords une marge noire.

Ces érosions de la base du sarment peuvent avoir plusieurs centimètres de longueur, leur largeur n'atteint que quelques millimètres ; le plus souvent, vers la fin de la saison, le fond prend une couleur jaune fauve, et il s'y produit une mince couche de liège, sur laquelle on voit les paquets de fibres mécaniques de l'écorce desséchés, plus pâles, tendus comme des cordes. Il est assez fréquent devoir, à l'automne, les parties supérieures des sarments se dessécher sans s'aoûter en prenant des tons très variés suivant les cépages.

Quelquefois un côté du rameau s'aoûle et l'écorce prend la couleur qui résulte de cet acte physiologique, taudis que l'autre côté se dessèche en restant vert, de sorte qu'on observe sur la branche des colorations verte et fauve diversement nuancées de rose aux endroits où elles se raccordent fig.

Sur des vignes franches de pied, quelquefois le cep affaibli par la maladie donne des rejets au pied. Ceux-ci poussent vigoureusement et présentent des feuilles normales, ce qui prouve bien que la cause du rabougrissement du cep siège au-dessus. Ces rejets finissent toujours par être envahis par la maladie, assez rarement la première année, le plus souvent la seconde.

Ce second mode de manifestation de la gommose bacillaire sur les organes foliacés est celui qui paraît être le plus fréquent.

Couderc, l'éminent viticulteur d'Aubenas, a observé depuis plusieurs années les deux formes que nous venons d'étudier et leur a appliqué le nom significatif de dartrose, mais il n'a publié ses observations que d'une façon très sommaire.

Forme gélivure. Foëx et Viala, qui est heureusement moins fréquente que la dartrose, et ne se montre que dans des conditions spéciales, assez difficiles à préciser. La gélivure se montre parfois sur des ceps qui, les années précédentes, n'ont présenté que des lésions ou des troubles dans la végétation si atténués qu'ils ont pu passer inaperçus.

Pourtant, en général, elle ne semble pas se produire d'emblée dès la première année de l'infection. La lésion des tissus dans le tronçon porteur est trop étendue pour ne dater que de la dernière taille. Les premiers symptômes, analogues à ceux du début de la dartrose, apparaissent sur le jeune sarment et les pétioles qu'il porte dès le départ de la végétation ; mais à l'évolution rapide des phénomènes pathologiques et à leur prompte extension, on ne tarde pas à se convaincre que l'affection est plus grave.

Les taches que présentent les rameaux deviennent nombreuses et s'allongent notablement ; d'un jaune rougeâtre au début, elles acquièrent en peu de temps une teinte brun livide.

Bientôt les entre-noeuds supérieurs, aplatis et mortifiés, se dessèchent et il n'est pas rare de les voir se désarticuler au niveau des noeuds, surtout si le temps devient humide. Si l'envahissement s'est établi plus spécialement sur un seul côté du sarment, celui-ci peut se déformer en crosse vers son extrémité. Les feuilles supérieures subissent des altérations correspondantes à celles des axes où elles s'insèrent.

Dans les cas d'attaque rapide, le plus souvent elles se flétrissent et se dessèchent en restant vertes. Cette espèce de folletage localisé qui se limite au sarment atteint se produit en général dans les mêmes conditions de chaleur excessive que les cas de folletage généralisé dont nous parlerons tout à l'heure. Ils sont souvent envahis à leur tour, et les feuilles qu'ils produisent prennent fréquemment d'une façon plus ou moins intense les colorations du rougeot.

Pendant ce temps, la base du sarment, sans être indemne, est encore trop peu atteinte en général pour que la croissance cesse complètement.

Les lésions de même nature que celles des sommets n'y sont bien caractérisées que plus tard dans la saison, vers le milieu de l'été. Les lignes brunes de l'écorce s'élargissent un peu, mais surtout elles se creusent profondément jusque dans le bois, de manière à produire des fentes longitudinales, dont les deux lèvres desséchées et noires sont souvent recroquevillées vers le dedans fig.

Sur ces deux bords, il y a parfois production de bourrelets subéreux qui se tuméfient légèrement et prennent une teinte jaune terne ou gris jaunâtre, mais il n'y a pas, en général, cicatrisation complète.

Les pustules d'anthracnose ponctuée se montrent souvent si développées et si nombreuses qu'elles se touchent par leurs bords. Les fleurs tombent à peine ouvertes ou même se dessèchent sans s'ouvrir. Le pédoncule de la grappe subit ultérieurement le même sort, et il est souvent envahi par des altérations identiques à celles des rameaux ou des pétioles.

Nous l'avons fait, surtout afin d'en donner un exposé plus clair ; mais, en réalité, on trouve toutes les transitions, et sur les points de détail, les symptômes varient d'une façon sensible d'un cépage à un autre. De même, sur les différents bras d'un cep, la répartition de la maladie est irrégulière, et il n'est pas rare de voir tous les sarments portés sur un bras parfaitement indemnes, tandis que sur un bras voisin ils sont plus ou moins gravement atteints.

L'apparition des premiers symptômes à l'extrémité des sarments et leur localisation parfois presque limitée à cette région pourraient faire supposer que le sommet des organes végétatifs est le point de départ de l'infection. Il n'en est rien en réalité, nous l'avons déjà dit. L'infection procède toujours ici de la même manière : elle arrive par le tronçon qui porte le jeune rameau, qu'elle y soit entrée par une plaie de taille, ou bien, ce que nous croyons. Si les phénomènes morbides acquièrent une acuité plus grande dans les tissus jeunes, cela tient à la résistance plus faible que ceux-ci offrent à l'action des matières sécrétées par les bactéries.

De plus, les vaisseaux dans le tronçon sont en partie obturés par des produits pathologiques, et il convient de tenir compte de la gêne qu'éprouve par ce fait la circulation de la sève, gêne d'autant plus accentuée que la lésion est plus étendue et plus ancienne.

Il s'observe au moment des grandes chaleurs de l'été : brusquement et sans cause apparente, on voit un cep entier se flétrir, ses feuilles restant vertes. La plupart du temps le folletage, qu'on nomme aussi apoplexie, se produit après un printemps humide et tiède qui a permis un développement considérable des organes foliacés.

Lorsque la chaleur survient, intense, et qu'elle est accompagnée d'un vent sec, c'est alors qu'on voit survenir ces phénomènes de dessèchement total des feuilles. On ne peut les attribuer qu'à une transpiration excessive des feuilles facilitée surtout par l'action du vent et une tension très faible de la vapeur d'eau dans l'atmosphère ambiant. L'apport d'eau par les racines ne peut compenser les très grandes pertes dues à la transpiration, et lorsque la limite de déshydratation compatible avec la vie de la feuille est dépassée, celle-ci perd brusquement sa turgescence et ne tarde pas à sécher.

C'est dans les cas où la dégénérescence gommeuse s'est installée vers les parties inférieures d'un cep que le folletage se montre le plus souvent. L'occlusion partielle des vaisseaux par la gomme et les thylles est un obstacle à l'ascension des liquides vers les parties supérieures de la tige, ce qui vient encore aggraver l'effet de la chaleur et des vents secs.

Le folletage a été particulièrement fréquent dans le Midi cette année et surtout enl'été y ayant été plus chaud et plus sec que d'ordinaire.

Il est plus rare de voir le folletage ne dessécher les sarments que sur un seul bras ; dans cette forme on revient par des transilions insensibles aux cas de folletage partiel que nous avons rencontrés dans la gêlivure. Quelques viticulteurs ont remarqué que les pieds ainsi atteints, tout en ayant donné l'année précédente des quantités considérables. Les parties supérieures des ceps dans ces cas de folletage peuvent être dépourvues des lésions de gommose.

Les vaisseaux sont vides, et dans les rayons médullaires, le contenu amylacé est souvent réduit. Après le folletage, il n'est pas rare de voir la vigne repousser du pied, et les rejets sont à leur tour atteints assez rapidement par les phénomènes dont nous avons déjà parlé de dartrose ou de gélivure. Le folletage complet ne se manifeste d'ordinaire que sur des vignes qui ne souffrent pas depuis longtemps de la maladie. Le cep se montre très ramifié et les noeuds y sont notablement rapprochés.

Les feuilles, plus nombreuses et plus petites, présentent les apparences décrites plus haut, mais la déformation est plus accentuée encore ; les lobes des feuilles sont plus nombreux, plus aigus, en même temps que plus étroits et plus courts que sur les feuilles normales. La nervation palmée y perd beaucoup de son caractère.

Plus rarement les incisures sont plus profondes, les lobes plus allongés que d'habitude. La forme générale d'ailleurs varie notablement et le roncet ne revêt pas tout à fait le même aspect sur le Gamay en Bourgogne et le Garignan dans le Midi. Parmi les espèces américaines, on rencontre des anomalies de cet ordre sur les Riparia plus souvent que sur les autres. Sur les ceps attaqués par la gommose bacillaire, le roncet n'est pas d'ordinaire accompagné des altérations extérieures, stries noires, chancres, pustules d'anthracnose ponctuée que nous avons déjà décrites.

Ce n'est que sur le Riparia que nous avons observé la généralisation du roncet en même temps que de légers symptômes de dartrose. Il n'y a pas de comparaison à établir entre le roncet et la déformation des feuilles, qui n'est pas rare dans la chlorose, et à laquelle on a attribué le nom de cottis. Dans le cottis, les feuilles modifiées dans leur forme jaunissent ; dans le roncet, elles conservent une couleur verte.

On l'appelle encore aubernage dans les environs d'Auxerre, roncet dans d'autres localités de Bourgogne, jauberdat dans le Languedoc. Ces formes de la maladie sont celles où l'évolution paraît la plus lente. D'après M. Guénier, d'Auxerre, l'aubernage ne met jamais, en général, moins de cinq ans pour tuer un cep. Nous ne voulons pas d'ailleurs affirmer que les cas tératologiques réunis par M.

Viala sous le nom de roncet soient tous imputables à la gommose bacillaire, même en éliminant les formes plus ou moins éloignées dues au pourridié ou au phylloxéra.

Aucune étude approfondie n'a d'ailleurs été faite à ce sujet. Influence du cépage. On reconnaît en général que la maladie progresse moins vite sur les cépages à bois compact comme l'Alicante que sur ceux à bois plus spongieux tels que le Carignan, l'Aramon, la Clairette ; mais la différence n'est pas considérable.

Baccarini cite comme cépage d'une résistance éprouvée au mal nero la Minnella bianca, dont il n'a vu que très rarement des pieds atteints, mais il ne reconnaît comme véritablement résistant, qu'un seul cépage, le Calaralto, qu'il a trouvé toujours indemne dans des régions où le mal nero sévissait avec une grande intensité sur les autres vignes. Les indications du Dr Baccarini méritent d'être retenues ; peut-être seraient-elles susceptibles d'applications, dans le midi de la France tout au moins.

Parmi les vignes américaines ou hybrides, le Jacquez offre seul une certaine résistance.

Institutions du Pays basque français avant 1789

Par contre, les différentes variétés de Riparia sont les plus fréquemment atteintes. Durée de la maladie. Pourtant, il semble que, même dans les cas les plus graves de gélivure, les symptômes alarmants soient susceptibles de se reproduire au inoins deux années de suite.

Dans les formes à évolution plus lente, celle de roncet par exemple, le cep peut vivre parfois huit ou dix ans avec la maladie qu'il porte.

Dans le développement de la gommose bacillaire, comme dans la plupart des maladies parasitaires des végétaux, l'humidité a une influence prépondérante. C'est dans les terrains à sous-sol humide qu'elle se déclare le plus fréquemment et que son développement est le plus intense.

On la trouve aussi dans les terrains secs, mais on général l'évolution y est plus lente. Si, dans ces dernières conditions, on a cru voir la maladie causer des dégâts plus graves, cela tient, comme nous croyons l'avoir démontré, à ce que la sécheresse y facilite la production d'accidents de folletage qui ne sauraient survenir aussi complets, ou tout au moins aussi rapidesdans d'autres circonstances.

Une observation superficielle pourrait faire croire qu'un temps pluvieux survenant après une longue sécheresse amende l'état d'un cep qui souffre de la dartrose : le fait n'est réel qu'en apparence, et l'amélioration seulement temporaire. L'humidité ne peut, en effet, que faire progresser la maladie en facilitant la pullulation de la bactérie parasite. Quelques viticulteurs ont cru observer que dans les sols riches, bien fumés, où la végétation est luxuriante, l'allure de la maladie est parfois plus rapide qu'ailleurs.

D'autre part, il n'est pas inutile d'ajouter que toutes les causes susceptibles d'affaiblir la vigne sont autant de conditions favorables au développement de la gommose bacillaire et que d'autres maladies peuvent se superposer à elles et accélérer le dépérissement de la vigne. Le fait est un peu banal, mais, sans qu'on s'y arrête, il mérite d'être signalé. Nous n'insisterons pas longtemps sur les modes de propagation de la maladie, car sur ce chapitre nous en sommes réduits à peu près aux hypothèses.

Si l'examen des lésions du cep et des sarments nous montre clairement les voies d'introduction de la maladie, il ne nous est pas possible de dire avec certitude par quel moyen elle y est apportée. L'action de l'air comme moyen de propagation est peu vraisemblable; il n'y a aucune raison pour que, dans ces conditions, les pieds atteints forment une tache toujours grandissante ou une ligne.

Ils seraient aussi bien épars dans le vignoble. La contamination parle sol pourrait expliquer l'infection parles plaies de greffe et la disposition circulaire des taches. Quelques faits que nous avons recueillis la feraient même considérer comme probable. C'est ainsi que des boutures de Riparia, plantées dans un sol où avaient péri l'année précédente des pieds atteints de la gommose, se sont infectées dès la première année de plantation.

Mais on peut également, en l'absence de preuves, supposer comme aussi vraisemblable une infection antérieure à la plantation des boutures. D'un autre côté, quand la maladie débute notoirement par la tête du cep, la contamination par le sol est à éliminer. Nous retiendrions plus volontiers l'hypothèse émise au sujet de la dissémination durnalnero par M. Il suppose que c'est le viticulteur lui-même qui, avec son instrument, transporte le germe de la maladie d'un cep à un autre, en pratiquant la taille ou toute autre opération de même genre.

Mais quelque séduisante que paraisse cette opinion, elle manque encore du contrôle d'une expérience rigoureuse qui demande à être faite avec d'autant plus de soin que les causes d'erreur sont plus nombreuses et plus difficiles à éviter. Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que l'aubernage et les maladies similaires n'étaient que des formes de la gommose bacillaire. Les lésions qu'on y trouve sont celles de la gommose, et leurs symptômes extérieurs se relient à ceux de la durlrase et de la gèlivure par des transitions insensibles.

De même, la gommose bacillaire est identique au mal uero, et il suffit de feuilleter les auteurs italiens, même les plus anciens, qui se sont occupés de cette question, pour se persuader qu'ils ont observé et décrit depuis longtemps dans leur pays les symptômes de la rjclivure de MM.

Foëx et Viala. Nous ajouterons que les savants italiens les mieux placés pour juger la question sont de notre avis. Baccarini nous écrivait récemment après la lecture de la simple communication que nous avions faite à l'Académie des. Cornes Suirecenti slucll compiuli anche in Francia sul mal nero o gommosi délia vite. D'ailleurs, par l'examen d'un échantillon que nous possédions dans les collections de notre laboratoire, et plus récemment à l'aide de spécimens bien caractérisés que nous devons à l'obligeance de M.

Baccarini de Catane, nous avons pu nous convaincre de l'identité des lésions anatomiques du mal nero et de la gommose bacillaire. La lecture des ouvrages italiens nous fait seulement incliner à penser que les formes graves ont toujours été plus fréquentes en Italie qu'en France. Certaines formes de la gommose bacillaire pourtant ne se retrouvent pas dans le mal nero : ce sont celles où la maladie est sous la dépendance de l'infection partie d'une plaie de greffe.

Le fait n'a rien d'étonnant si l'on considère que les porte-greffes américains sont loin d'être aussi répandus en Italie qu'en France, surtout dans le Midi. Durant l'Ancien Régime, le Labourd est un bailliage relevant seulement et directement de l'autorité royale.

Il se distingue par une très grande autonomie, tant administrative que financière. Il bénéficie, depuis François I er au moins, de privilèges, certifiés et renouvelés par lettres patentes d'une durée de trois à neuf ans.

La reconduction de ces privilèges maintient durant l'Ancien Régime, une liberté politique alliée à une liberté économique caractérisée par des exemptions d'impôts indirects et directs [ ED 10 ]. Étienne Dravasa voit dans l'établissement de la coutume du Labourd, enregistrée au parlement de Bordeaux le 8 juinl'officialisation des libertés acquises par les Labourdins dèslors de leur rachat, auprès du vicomte Sanche Garcia, de droits sur les terres inoccupées usuellement réservés à la noblesse tels les droits de pêche, de chasse et de meunerie [ ED 11 ].

Il réfute ainsi les thèses de Wentworth Webster [ 15 ] et de Pierre Cuzacq, qui pensent reconnaître dans l'indépendance des Labourdins une résurgence de l'influence des municipes romains.

Pour É. Dravasa, la domination anglaise qui, à partir de s'étend sur trois siècles, va ensuite amplifier le phénomène par la substitution d'un bailli du roi au vicomte, dont les Plantagenêt appréciaient peu la gestion [ 16 ]. Le premier bailli s'installe à Ustaritz en Enfin, des documents datant de la fin de la présence anglaise en Aquitaine confirment la capacité accordée aux Labourdins de rédiger et de proposer à la signature du roi, des documents relatifs à l'administration de leur pays [ ED 13 ].

Le Labourd a successivement appartenu aux généralités de Guyenne de àde Béarn et d'Auch de àde Guyenne à nouveau de àde Pau et Bayonne de à et enfin de Bordeaux de à [ ED 14 ]. Depuis cette date, le Biltzar est placé sous la tutelle du pouvoir de la Couronne, puisque soumis au contrôle des officiers royaux [ ME 8 ]. Le Biltzar est constitué uniquement de représentants du tiers, ce qui exclut donc le clergé et la noblesse.

L'absence de cette dernière n'est pas encore éclaircie. D'ailleurs, l'absence de pouvoir politique qu'on attribue à la noblesse est démentie dans les faits [ Note 21 menu dun regime vegetarien minceur. Sur l'absence du clergé, deux thèses s'affrontent. L'une soutient que, dès lors que la résidence épiscopale du diocèse est située à Bayonne, c'est-à-dire en dehors de l'ère d'influence du Biltzarles prêtres ne peuvent pas assister en son nom à l'assemblée [ ED 19 ].

Pour Étienne Dravasa, la raison est plutôt à chercher du côté de l' anticléricalisme du peuple labourdin, qui, s'il est très croyant, n'admet pas la puissance temporelle et politique du clergé [ ED 20 ]. Mais certaines séances de la paroisse de Macaye ont compté jusqu'à dix femmes [ ED 1 ]. Le roi est représenté par le lieutenant général et le procureur, de souche locale, dont les charges sont vénales. Les décisions prises par les maîtres de maison au sein du Biltzar sont réputées exécutables immédiatement, sous la responsabilité du syndic général [ ML 6 ].

Malgré de nombreuses tentatives du pouvoir royal seules les prérogatives judiciaires du Biltzar ont été modifiées, par l'arrêt de Assemblée législative, le Biltzar négocie également les traités de Bonne Correspondance avec le Guipuscoa et la Biscayeen temps de guerre entre la France et l'Espagne [ ML 7 ].

Il décide également de mesures sociales d'assistance aux familles, frappées par la pauvreté, et vote l'organisation de réceptions et de cadeaux lors des visites des personnalités dans la province. Preuve de son indépendance financière, il décide les dépenses, telles celles concernant le réseau routier, et lève des impôts locaux correspondant.

En dehors de ces assises nationales, se tiennent des réunions de moindre importance, dénommées jointesqui ne rassemblent que la noblesse et le tiers.

On constate donc la mise en place d'une sorte de referendum populaire entre les séances des États de Basse-Navarre. Aux côtés du syndic, siège un trésorier dont la charge devient vénale sous le règne de Louis XIV. La situation des États généraux de Soule précédant la publication des fors en est très peu documentée [ ME 7 ]. Le roi est représenté en Soule par le capitaine-châtelain de Mauléon voir supra féodalité en Soule. À ce titre, celui-ci est le chef militaire de la province et préside les États généraux ainsi que la cour de justice.

Église de Haux. Barcusla pastorale de Larraumaison souletine. La vallée de Tardets par Eugène de Malbos. Église de Sainte-Engrâce. La Soule est à cette époque formée de trois messagerieselles-mêmes divisées en dégairiesau nombre de sept [ Note 24 ]. Se réunissant dans le bois de Libarrenxil détient le magistère suprême.

En effet, compte tenu de la complexité de réunion du Silvietle Grand Corps se réunit seul sous la présidence du gouverneur ou de son représentant, et en présence du syndic général et des dégans.

Les délibérations et les décisions du Grand Corps sont ensuite transmises au Silviet et réclament son adhésion formelle [ ML 14 ]. Le Silviet perd son rôle représentatif à partir de sous la pression de la noblesse [ 19 ].

Nous venons de voir que, lorsque l'on croise deux races ou deux espèces, on observe chez les produits une tendance prononcée à une réapparition de caractères perd us depuis longtemps, et qui n'existent ni chez les parents immédiats ni chez les grands parents. Lorsqu'on accouple deux pigeons de races fixes, rouges, blancs ou noirs, les produits héritent presque sûrement des mêmes couleurs; mais, lorsqu'on croise des oiseaux de couleurs différentes, il semble que les forces héréditaires opposées s'annulent mutuellement, et que les tendances qu'ont les deux parents à produire des petits bleu ardoisé l'emportent.

Mais lorsqu'on croise par exemple l'àne commun avec VE. Le retour aux caractères propres à l'un ou l'autre des parents de race pure est beaucoup plus commun et même presque universel chez les descendants d'animaux croisés. En règle générale, les produits croisés possèdent, pendant la première génération, des caractères presque intermédiaires à ceux de leurs parents ; mais pendant la seconde génération et les générations suivantes, ils font constamment retour dans une mesure plus ou moins grande à l'un ou à l'autre de leurs ancêtres.

Cette remarque doit être vraie dans un certain sens; nous voyons, par exemple, les éléments des deux espèces se séparer chez l'hybride, et former des segments distincts sur un même fruit ou sur une même fleur, par une sorte d'attraction ou d'affinité pour soi; cette séparation se produit aussi bien dans la reproduction séminale que dans celle par bourgeons. Naudin croit en outre que la séparation des deux essences ou éléments spécifiques doit s'opérer dans les matériaux de reproduction mâles et femelles, et c'est ainsi qu'il explique la tendance presque universelle au retour qui se manifeste chez les générations successives d'hybrides.

Cette tendance serait, en un mot, le résultat naturel de l'union du pollen et des ovules, chez lesquels les éléments de la même espèce se seraient séparés en vertu de leur affinité. Si, d'autre part, le pollen renfermant les éléments d'une même espèce venait à s'unir avec les ovules comprenant les éléments de l'autre espèce, l'état intermédiaire ou hybride se conserverait, et il n'y aurait pas de retour.

Mais je crois. Dans le chapitre où je discuterai l'hypothèse de la pangénèse, j'essayerai de démontrer comment cela est possible, et quelle signification il convient d'attribuer à l'expression d'essence ou d'élément spécifique. L'hypothèse de Naudin, telle qu'il la présente, n'explique pas la réapparition de caractères perdus depuis longtemps par variation; elle s'applique à peine quand il s'agit de races ou d'espèces qui, après avoir été croisées à quelque époque antérieure avec une forme distincte, croisement dont elles ont depuis perdu toutes traces, produisent occasionnellement un individu qui fait retour à la forme croisante, comme dans le cas du petit-fils à la troisième génération de la chienne Sapho.

Le cas de retour le plus simple à savoir, celui d'un métis ou d'un hybride à son grand-parent, peut se relier par une série parfaitement graduée au cas extrême d"une race pure recouvrant des caractères qu'elle avait perdus depuis nombre de générations, ce qui doit nous faire admettre que tous les cas doivent avoir quelque lien commun.

Gartner parait croire que seules les plantes hybrides très-stériles manifestent une tendance au retour vers leurs formes parentes.

Cette conclusion erronée tient peut-être à la nature des plantes qu'il a étudiées, car il admet que cette tendance diffère suivant les genres.

Les observations de Naudin contredisent directement l'assertion de Gartner, assertion contredite aussi parle fait bien connu que des métis absolument féconds manifestent cette tendance au plus haut degré, à un plus haut degré même d'après Gartner lui-même, que les hybrides ". Gartner affirme, en outre, que des exemples de retour se présentent rarement chez les plantes hybrides provenant d'espèces qui n'ont pas été cultivées, tandis qu'ils sont fréquents chez les hybrides d'espèces cultivées depuis longtemps.

Cette assertion nous permet d'expliquer les affirmations différentes de deux savants : Max Wichura 52, quia étudié exclusivement des. L'assertion que l'état des espèces parentes, en tant qu'affectées par la culture, est une des causes immédiates déterminant le retour, concorde assez bien avec le cas inverse, c'est-à-dire que les animaux domestiques et les plantes cultivées sont sujets au retour lorsqu'ils redeviennent sauvages, car, dans les deux cas, la constitution ou l'organisation doivent éprouver, quoique d'une manière différente, certaines perturbations ".

Enfin, nous avons vu que certains caractères reparaissent souvent chez les races pures, sans qu'il nous soit possible d'indiquer la cause de cette réapparition. Lorque ces races redeviennent sauvages, le fait, nous le savons, est plus ou moins directement déterminé par les changements survenus dans les conditions d'existence. Chez les races croisées, l'acte même du croisement détermine certainement la réapparition de caractères perdus depuis longtemps, ainsi que la réapparition de caractères dérivés de l'une ou l'autre des formes parentes.

Le changement des conditions, résultant de la culture, de la position relative des bourgeons, des fleurs et des graines sur la plante, paraît favoriser cette même tendance. Le retour peut avoir lieu, tant par reproduction de bourgeons que par reproduction séminale, habituellement dès la naissance, mais quelquefois plus tard; il peut se manifester seulement sur des segments, ou sur des parties de l'individu.

Il est certainement étonnant de voir qu'un être au moment de sa naissance ressemble par certains caractères à un ancêtre séparé de lui par deux, trois, et, dans certains cas, par des centaines et des milliers de générations. On dit, dans ce cas, que l'enfant tient directement ses caractères de ses ancêtres plus ou moins reculés ; mais il est difficile de comprendre cette.

Toutefois, si nous supposons que tous les caractères dérivent exclusivement du père ou de la mère, mais que certains caractères demeurent latents pendant plusieurs générations chez les parents, les faits précédents deviennent compréhensibles. Nous examinerons dans un chapitre subséquent de quelle manière on peut concevoir un état latent des caractères.

Caractères latents. Les caractères sexuels secondaires nous en offrent l'exemple le plus sensible. Chez chaque femelle, tous les caractères secondaires mâles, et, chez chaque mâle, tous les caractères secondaires femelles, semblent exister à l'état latent, prêts à se manifester dans certaines conditions. On sait qu'un grand nombre d'oiseaux femelles, telles que les poules, diverses faisanes, les femelles de perdrix, de paons, les canes, etc.

Chez la poule faisane, ce phénomène paraît se présenter plus fréquemment pendant certaines années ". Une cane âgée de dix ans, a revêtu le plumage parfait d'hiver et d'été du canard mâle Waterton 56 cite l'exemple curieux d'une poule, qui, après avoir cessé de pondre, revêtit le plumage, la voix, les ergots, et le caractère belliqueux du coq ; elle était toujours prête à combattre l'adversaire qu'on lui présentait.

Tous les caractères, y compris l'instinct du combat, étaient donc restés assoupis chez cette poule, tant que les ovaires avaient rempli leurs fonctions. On sait que les femelles de deux espèces de cerfs ont acquis des cornes en vieillissant, et, comme l'a fait remarquer Hunter, on peut observer quelque chose d'analogue chez l'espèce humaine. On sait d'autre part que, chez les animaux mâles, les caractères sexuels secondaires disparaissent plus ou moins à la suite.

Mr fruit suros regime 5.2

Hewilt, Journ. Geoffroy Saint-Hilaire, Essais de Zoologie générale,p. Il parait qu'Arislole connaissait les changements de caractère qui surviennent chez les vieilles poules.

Ainsi, lorsqu'on opère un jeune coq, Yarrell assure qu'il cesse de chanter; la crête, les caroncules et les ergots n'atteignent pas leur développement complet, et les plumes de la collerette affectent un état intermédiaire entre celles du coq et celles de la poule.

On a signalé des cas où la captivité, qui réagit souvent sur le système reproducteur, avait causé des effets analogues. Le mâle acquiert quelquefois des caractères propres à la femelle; ainsi, le chapon se met à couver et élève les poulets; et, ce qui est curieux, les hybrides mâles complètement stériles du faisan et de la poule agissent de même, et saisissent le moment où les poules quittent leur nid pour prendre leur place Réaumur58 affirme qu'on peut amener un coq à prendre soin des jeunes poulets, en le tenant longtemps enfermé seul et dans l'obscurité; il pousse alors un cri particulier, et conserve ensuite, pendant toute sa vie,ce nouvel instinct maternel.

Un certain nombre de cas bien constatés relatifs à divers mammifères mâles, qui ont produit du lait, prouvent que les glandes mammaires rudimen-taires peuvent conserver les facultés fonctionnelles à l'état latent. Nous voyons donc que dans bien des cas, et probablement dans tous les caractères de chaque sexe demeurent à l'état latent chez le sexe opposé, prêts à se développer dans certaines circonstances particulières.

Nous pouvons donc ainsi comprendre comment une vache bonne laitière peut transmettre à travers sa progéniture mâle ses bonnes qualités aux générations futures, car nous devons croire que ces qualités sont présentes, mais à l'état latent chez les mâles de chaque génération. Il en est de même du coq de combat qui transmet à sa progéniture mâle, par l'entremise de la femelle, sa vigueur et son courage ; on sait aussi que chez l'homme 59, les maladies qui, comme l'hydrocèle, sont nécessairement spéciales au sexe masculin, peuvent se transmettre au petit-fils par l'entremise de la femme.

Les faits de cette nature constituent, comme nous l'avons dit au commencement de ce chapitre, les exemples les plus simples du retour; ils deviennent compréhensibles, si on admet que les caractères communs au. Cette question des caractères latents est, comme nous le verrons par la suite, si importante, que je veux en donner un autre exemple.

Plusieurs animaux ont le côté droit et le côté gauche du corps inégalement développés : on sait qu'il en est ainsi chez les poissons plats, chez lesquels un des côtés diffère de l'autre par son épaisseur, sa couleur et la forme des nageoires ; un des yeux, pendant la croissance du jeune animal, se transporte graduellement de la face inférieure à la face recette regime sans faim, comme l'a démontré Steenstrup co.

Chez la plupart des poissons plats, le côté gauche est aveugle, mais chez quelques-uns c'est le droit; dans les deux cas, du reste, on voit des poissons renversés, c'est-à-dire qui sont développés dans le sens contraire à celui qui leur est habituel ; chez le Platessa flesus, le développement a lieu indifféremment, et aussi souvent d'un côté que de l'autre. Chez les Gastéropodes, le côté droit et le côté gauche sont très-inégalement développés; le plus grand nombre des espèces sontdextres et présentent de rares cas de renversement; un petit nombre sont normalement senestres ; mais quelques espèces de Bulimes, et plusieurs Achatinelles ", sont aussi souvent dextres que senestres.

La classe des articulés présente un cas analogue; chez les Verruca 62, les deux côtés sont si dissemblables, que c'est seulement par une dissection très-attentive qu'on peut arrivera reconnaître les parties correspondantes des deux côtés opposés du corps; mais cette différence si singulière peut se présenter indifféremment sur le côté droit ou le côté gauche. J'ai observé une plante G3 dont la fleur est inégalement développée, suivant qu'elle est placée sur l'un ou l'autre côté de l'épi.

Bans tous les cas cités jusqu'à présent, l'animal est parfaitement symétrique pendant son jeune âge. Lorsqu'une espèce est ainsi susceptible de se développer inégalement d'un côté ou de l'autre, nous pouvons. Or, comme des inversions de ce genre se rencontrent chez beaucoup d'animaux différents, cette capacité latente est probablement très-commune.

Les exemples les plus simples mais peut-être les plus frappants de caractères latents sont ceux que nous avons déjà signalés relativement à des poulets et à des pigeonneaux qui, provenant du croisement d'oiseaux différemment colorés, affectent d'abord la couleur d'un des parents, et, au bout d'un an ou deux, prennent celle de l'autre; car, dans ce cas, la tendance à un changement de plumage existe évidemment à l'état latent chez le jeune oiseau.

Il en est de même des races de bétail sans cornes, où quelques individus acquièrent en vieillissant des petites cornes. Les Bantams purs, noirs et blancs, ainsi que quelques autres volatiles, revêtent parfois, en avançant en âge, les plumes rouges de l'espèce primitive. Je crois devoir citer ici un cas un peu différent, mais qui relie, d'une manière frappante, deux ordres de caractères latents.

Hewitt " possédait une poule Bantam Sebright galonnée or, qui, en vieillissant, revêtit, à la suite d'une affection des ovaires, des caractères masculins. Les mâles et les femelles de cette race se ressemblent complètement à l'exception de la crête, des caroncules, des ergots et des instincts ; on devait donc s'attendre à ce que cette poule n'aurait acquis que les caractères masculins propres à sa race, tandis qu'elle reprit en plus une queue bien recourbée, des plumes en faucille longues d'un pied, des plumes sétiformes sur le cou, — tous ornements qui, selon M.

Nous voyons donc que, non. Grâce à l'obligeance de M. Tegetmeier j'ai pu examiner ces plumes remarquables. Ces divers faits nous obligent à admettre que certains caractères, certaines aptitudes et certains instincts, peuvent demeurer à l'état latent chez un individu, et même chez une série d'individus sans qu'il nous soit possible de découvrir aucune trace de leur présence.

Lorsqu'on croise des volailles, des pigeons, ou du bétail de couleurs différentes, et que nous voyons leur progéniture changer de coloration avec l'âge; lorsque nous voyons le Turbit croisé reprendre la fraise caractéristique à sa troisième mue, ou les Bantams purs recouvrer partiellement le plumage rouge de leur prototype, nous devons admettre que ces qualités ont dû exister dès l'abord chez l'individu, mais à l'état latent, comme les caractères du papillon dans la chenille.

Or, si ces mêmes animaux, avant d'avoir réacquis avec l'âge leurs caractères nouveaux, avaient dans l'intervalle donné naissance à des produits auxquels ils les auraient probablement transmis, ceux-ci sembleraient tenir ces perdre du ventre meilleur solution caractères de leurs grands-parents ou d'aïeux plus éloignés.

Nous aurions donc constaté un cas de retour, c'est-à-dire de réapparition chez l'enfant, d'un caractère appartenant à un ancêtre, caractère réellement présent, quoique latent, chez le parentimmédiatpendanl la jeunesse de ce dernier; nous pouvons certainement admettre que c'est ce qui arrive dans les diverses formes du retour aux ancêtres, même les plus reculés.

L'hypothèse de cet état latent, dans chaque génération, de tous les caractères qui réapparaissent par retour, est confirmée, tant par leur présence réelle dans quelques cas, pendant la jeunesse seulement, que par leur apparition plus fréquente et leur plus grande netteté pendant cet âge qu'à l'état adulte.

C'est ce que nous avons remarqué à propos des raies sur les jambes ou la face des diverses espèces du genre cheval. Le lapinllimalayen, lorsqu'on le croise, produit souvent des animaux qui font retour à la race parente gris argenté, et nous avons vu la fourrure gris. Nous pouvons êlre certains que les chats noirs produisent occasionnellement par retour des chats tachetés, et on aperçoit presque toujours sur les jeunes chats noirs de race pure GG de faibles traces de raies qui disparaissent ensuite.

Le bétail sans cornes de Suffolk produit occasionnellement par retour des animaux à cornes, et Youatt67 affirme que, même chez les individus sans cornes, on peut souvent, dans le jeune âge, sentir au toucher des rudiments de cornes. Il peut sans doute, à première vue, sembler fort improbable qu'à chaque génération, il y ait chez chaque cheval une aptitude latente et une tendance à produire des raies qui peuvent ne se manifester qu'une fois sur un millier de générations ; que, chez chaque pigeon blanc, noir, ou de toute autre couleur, qui a pu, pendant des siècles transmettre sa coloration propre, il y ait cette même tendance latente à reprendre le plumage bleuâtre, marqué de ce rt aines barres caractéristiques ; que, chez tout enfant appartenant à une famille sexdigitée, il y ait cette même disposition à la production d'un doigt additionnel, et ainsi pour les autres cas.

Il n'y a pourtant pas d'improbabilité plus grande à ce qu'il puisse en être ainsi, qu'il n'y en a à ce qu'un organe inutile et rudimentaire se transmette pendant des millions de générations, comme cela s'observe sur une multitude d'êtres organisés. Il n'est pas plus improbable de voir chaque porc domestique, conserver, pendant un millier de générations, l'aptitude et la tendance à développer de grands crocs si on le place dans des conditions appropriées, qu'il ne l'est de voir le jeune veau conserver dans sa mâchoire, depuis un nombre infini de générations, des incisives rudimentaires, qui n'ont jamais percé soins réparateur visage gencive.

Je terminerai le chapitre suivant par un résumé des trois chapitres précédents, mais, comme j'ai surtout insisté ici sur des cas isolés et frappants du retour, je désire mettre le lecteur en garde contre l'idée que les phénomènes du retour ne sont dus qu'à des combinaisons de circonstances rares ou accidentelles. Il n'est pas douteux que la réapparition d'un caractère, perdu depuis des centaines de générations, ne doive résulter de quelque combinaison particulière ; mais on peut constamment observer des retours, au moins aux générations immédiatement antérieures, dans les produits de la plupart des unions.

C'est ce qu'on a généralement reconnu dans les cas d'hybrides et de métis, mais seulement parce que chez eux, par suite de la différence existant entre les formes parentes, la ressemblance des produits avec leurs grands-parents ou avec leurs ancêtres plus éloignés n'en devenait que plus saillante et plus facile à apprécier.

Sedgwick a également démontré que le retour est aussi presque invariablement la règle dans les cas de certaines maladies. Nous devons donc conclure qu'une tendance à cette forme particulière de transmission fait partie intégrante des lois générales de l'hérédité.

Toutefois, il y a beaucoup de monstruosités qu'on ne saurait expliquer ainsi, car on voit parfois apparaître des parties, regime paleo et gras l'embryon n'offre pas la moindre trace, mais qui existent chez d'autres membres de la même classe d'animaux et de plantes, et qu'on doit probablement attribuer à un effet de retour.

Comme j'ai discuté complètement ce point dans le premier chapitre de mon ouvrage sur la Descendance de VHomme, je n'y reviendrai pas ici. Les botanistes considèrent généralement comme un retour à l'état primitif les modifications qui se produisent dans les cas de pélorie chez les fleurs, c'est-à-dire, lorsque les fleurs, noi malement irrégulières, deviennent régulières.

C8 Nal. Review, avrilp. De plus, si l'arrêt de développement se produisait encore plus tût, il aurait pour résultat une simple, touffe de feuilles vertes, ce que personne ne regarderait probablement comme un cas de retour. Le Dr Masters désigne les premiers de ces cas sous le nom de pélorie régulière, et ceux dans lesquels toutes les parties correspondantes revêtent une forme irrégulière mais semblable, comme lorsque tous les pétales d'une Linaria se transforment en éperons, sous le nom de pélorie irrégulière.

Nous n'avons pas le droit d'attribuer ces derniers cas à un retour, tant qu'on n'a pas prouvé que, par exemple, la forme parente du genre Linaria a eu tous les pétales en forme d'éperon ; en effet, un changement de celte nature pourrait résulter de l'extension d'une structure anormale, en vertu d'une loi que nous discuterons dans un chapitre subséquent,c'est-à-dire de la tendance qu'ont les parties homologues à varier d'une manière semblable.

Si on admet que la pélorie est un simple arrêt de développement, on comprend difficilement qu'un organe, frappé d'arrêt de très-bonne heure dans son évolution, puisse acquérir toute sa perfection fonctionnelle, qu'un pétale puisse, dans ces circonstances, revêtir de brillantes couleurs et servir d'enveloppe à la fleur, ou qu'une étamine puisse produire du pollen efficace ; ce qui arrive cependant chez beaucoup de fleurs péloriques.

On ne obese regime dukan attribuer non plus la pélorie à une simple variabilité accidentelle ; elle doit donc être due à un arrêt de développement ou à un effet de retour; c'est ce qui me parait résulter d'une observation faite par Ch.

Morren 7U, à savoir que les familles qui ont des fleurs irrégulières reviennent souvent par ces formes monstrueuses à leur état régulier, tandis qu'on ne voit jamais une fleur régulière acquérir la structure d'une fleur qui ne l'est pis.

Il est certainement des fleurs qui sont, par retour, devenues plus ou moins péloriques comme le prouve le fait suivant. La Corydalis luberosa a normalement un des deux nectaires incolore, dépourvu de nectar, moitié plus petit que l'autre, et, par conséquent, dans un état jusqu'à un certain point rudimentaire ; le pistil est recourbé vers le nectaire complet, et le capuchon formé par les pétales internes ne peut s'écarter du pistil et des éla-mines que dans une seule direction, de sorte que lorsqu'une abeille suce le nectaire parfait, son corps vient frotter contre le stigmate et les étamines.

Plusieurs genres voisins comme le Dielylra, etc. Or, j'ai. Ces modifications ne peuvent être attribuées au hasard, ni à une variabilité corrélative, mais bien plutôt à un retour vers un état primordial de l'espèce.

Les fleurs péloriques du Pelargonium ont les cinq pétales semblables sous tous les rapports, et ne renferment pas de nectaire ; elles ressemblent donc aux fleurs symétriques du genre voisin des Géraniums ; mais les étamines alternes sont parfois aussi dépourvues d'anthères, et seulement représentées par des filaments rudimentaires, et elles ressemblent sous ce rapport aux fleurs symétriques d'un autre genre voisin, celui des Erodiums.

Ceci nous porte à supposer que les fleurs péloriques du Pelargonium ont probablement fait retour à l'état de quelque forme primordiale, ancêtre des trois genres voisins des Pélargoniums, des Géraniums et des Erodiums. Dans la forme pélorique de l'Antirrhinum majus, les fleurs allongées et tubulaires diffèrent étonnamment de celles du muflier commun ; le calice et le sommet de la corolle consistent en six lobes égaux, comprenant six étamines égales au milieu de quatre inégales.

Une des deux étamines supplémentaires est évidemment formée par le développement d'une très-petite papille qu'on peut trouver dans toutes les fleurs du muflier commun, à la base de la lèvre supérieure, ainsi que j'ai pu l'observer sur dix-neuf plantes.

La preuve que cette papille est bien le rudiment de l'étamine m'a été fournie par ses différents degrés de développement chez des plantes que j'ai examinées, et qui provenaient de croisements entre la variété pélorique du muflier et la forme commune. J'ai eu encore dans mon jardin un Galeob-dolon luteum pélorique, qui avait cinq pétales égaux, tous rayés comme le pétale inférieur ordinaire, et qui portait cinq étamines égales au lieu de quatre inégales.

Keely, qui m'a envoyé cette plante, m'informe que ses fleurs varient beaucoup, et peuvent présenter de quatre à six lobes sur leurs corolles et de trois à six étamines Or, comme les membres des deux grandes familles auxquelles appartiennent l'Antirrhinum eKle Galeobdolon, sont normalement pentamères, ayant quelques parties confluentes et d'autres manquant, nous ne devons pas plus regarder la sixième étamine et le sixième lobe de la corolle comme dus à un retour, que les pétales supplémentaires des fleurs doubles dans ces deux mêmes familles.

Pour la cinquième étamine de l'Antirrhinum pélorique, le cas est différent, parce qu'elle est due au redéveloppement d'un rudiment toujours présent, et qui, en ce qui concerne les étamines, nous révèle probablement l'état de la fleur. Il serait difficile d'admettre qu'après avoir subi un arrêt de développement à un âge embryonnaire très-peu avancé, les quatre autres étamines et les pétales eussent pu atteindre la perfection de leur couleur, de leur conformation et de leurs fonctions, si ces organes n'avaient, à une époque antérieure, normalement passé par des phases de croissance analogues.

Il me paraît donc probable que l'ancêtre du genre Antirrhinum doit, à une époque reculée, avoir porté cinq étamines et des fleurs resseml lant, dans une certaine mesure, à celles que produisent actuellement ses formes péloriques. On a, enfin, cité beaucoup de cas de fleurs, qu'on ne considère pas généralement comme péloriques, et chez lesquelles certains organes normalement peu nombreux se sont trouvés accidentellement augmentés en nombre.

Ces divers faits et tout particulièrement les arrêts de développement déterminant l'atrophie vocal rider free mac ou la suppression totale de certaines parties, — le redéveloppement de parties actuellement dans un état plus ou moins rudimentaire, — la réapparition d'organes dont on ne peut découvrir la moindre trace,—et, enfin, quand il s'agit d'animaux, la présence, pendant le jeune âge, et la disparition ultérieure de cerlains caractères qui sont quelquefois conservés pendant toute la vie, prouvent de façon intéressante combien certains états anormaux sont intimement connexes.

Quelques naturalistes regardent toutes ces structures anormales comme un retour au type idéal du groupe auquel l'animal affecté appartient; mais il.

D'autres soutiennent avec plus de probabilité que le lien commun qui réunit les différents faits précités est un retour partiel, mais réel, à la structure rides at walt disney world l'ancêtre primitif du groupe.

Si cette hypothèse est fondée, nous devons admettre qu'une grande quantité de caractères susceptibles d'évo. Mais il ne faudrait pas supposer que le nombre de ces caractères soit également grand chez tous. Nous savons, par exemple, que des plantes appartenant à beaucoup d'ordres divers peuvent être affectées de pélorie, mais on en a observé bien plus de cas chez les Labiées et chez les Scrofulariées que chez tout autre ordre ; chez le genre iman'a.

Si l'on admet cette hypothèse relativement à la nature des plantes péloriques, et si l'on tient compte de certaines monstruosités qui se présentent dans le règne animal, il faut admettre que les ancêtres primitifs de la plupart des plantes et des animaux ont laissé sur les germes de leurs descendants, une impression susceptible d'un redéveloppement.

Le germe fécondé d'un animal supérieur, soumis comme il l'est à une immense série de changements, depuis la vésicule germinative jusqu'à la vieillesse, — incessamment ballotté par ce que de Quatrefages appelle si bien le tourbillon vital, — est peut-être l'objet le plus étonnant qu'il y ait dans la nature.

Mais ce dernier, dans l'hypothèse du retour, telle que nous venons de l'exposer, devient bien plus remarquable encore, car, outre les changements visibles auxquels il est soumis, il faut admettre qu'il est bourré de caractères invisibles, propres aux deux sexes, aux deux côtés du corps, et à une longue lignée d'ancêtres mâles et femelles éloignés de nous par des centaines ou même par des milliers de générations ; caractères qui, semblables à ceux qu'on trace sur le papier avec une encre sympathique, sont toujours prêts à être évoqués, sous l'influence de certaines conditions connues ou inconnues.

La fixité des caractères ne semble pas due à ce que le caractère est depuis plus longtemps héréditaire. Après avoir, dans les précédents chapitres, discuté la nature et la puissance de l'hérédité, les circonstances qui peuvent la modifier, et la tendance au retour avec ses éventualités remarquables, je me propose d'étudier actuellement quelques autres phénomènes qui se rattachent aussi au même sujet de l'hérédité.

Les éleveurs croient généralement qu'un caractère est d'autant plus fixe, d'autant plus héréditaire qu'il a été transmis depuis plus longtemps chez une même race. Je ne me propose pas de contester le bien fondé de l'hypothèse que l'hérédité gagne en énergie simplement par une continuité prolongée, mais je doute qu'on puisse en apporter la preuve.

Dans un sens, la proposition est évidente en elle-même ; en effet, si un caractère est. Il en est de même quand il s'agit de l'amélioration d'une race ; si, pendant un temps assez long, on écarte soigneusement tous les individus inférieurs, la race tend évidemment à se fixer, n'ayant pas, pendant un grand nombre de générations, été croisée avec un animal inférieur.

Nous avons vu, sans toutefois pouvoir en dire la cause, que lorsqu'un caractère nouveau vient à surgir, il arrive parfois qu'il se fixe très-fortement d'emblée, ou bien il présente beaucoup de fluctuations, ou bien encore il n'est pas héréditaire.

Il en est de même de la réunion des légères différences qui caractérisent une nouvelle variété, car, de prime-abord, quelques-unes propagent leur type beaucoup plus exactement que d'autres. Les plantes mêmes qu'on multiplie par bulbes, par marcottes, etc.

Dans aucun de ces cas, pas plus que dans les suivants, il ne paraît y avoir le moindre rapport entre l'énergie de transmission d'un caractère et le temps pendant lequel il a déjà été transmis. Certaines variétés, telles que les jacinthes jaunes et blanches, les pois de senteur blancs, transmettent leur couleur plus fidèlement que ne le font les variétés qui ont conservé la coloration naturelle. Les moutons Ancon et Mauchamp, le bétail Niata, qui sont toutes des races relativement modernes, manifestent une très-grande puissance d'hérédité : on pourrait citer encore bien des exemples analogues.

Tous les animaux domestiques et toutes les plantes cultivées ont varié ; tous, cependant, descendent de formes primitivement sauvages, qui, sans doute, avaient conservé les mêmes caractères pendant une période très-prolongée ; il semble donc en résulter qu'aucun degré d'ancienneté ne peut assurer la transmission.

On peut, il est vrai, dans ce cas, dire que les changements dans les conditions d'existence ont déterminé certaines modifications, sans que la puissance d'hérédité ait fait défaut; mais partout où ce défaut d'hérédité vient à se produire, il est évident qu'une cause interne ou externe a dû intervenir.

En règle générale, les organes ou les parties de nos produits domestiques qui ont varié, ou qui continuent encore à varier, — c'est-à-dire qui ne conservent pas leur état antérieur, — sont précisément ceux qui diffèrent chez les différentes espèces naturelles d'un même genre.

La théorie de la descendance avec modifications veut que les espèces d'un même genre se soient modifiées depuis qu'elles ont divergé en se séparant d'un ancêtre commun ; il en résulte que les caractères distinctifs de ces espèces ont varié, tandis que les autres parties de l'organisme ne se sont pas modifiées ; on pourrait enconclureque ces mêmes caractères varient actuellement sous l'influence de la domestication, ou ne sont pas héréditaires, en raison même de leur antiquité moindre.

Mais, à l'état de nature, la variation semble dépendre en grande partie des modifications des conditions d'existence; or, les caractères qui ont déjà varié dans ces conditions doivent être plus aptes à continuer à le faire, étant donnés les changements plus considérables encore qu'entraîne la domesticité indépendamment du plus ou moins d'ancienneté de ces variations.

II, p. Les plantes assujetties pour la première fois à la culture transmettent assez fidèlement leurs caractères pendant les premières générations, c'est-à-dire ne varient pas, ce qu'on a attribué à la force d'hérédité d'anciens caractères ; mais on pourrait, avec tout autant ou même plus de probabilité, attribuer ce fait à ce qu'il faut un certain temps aux nouvelles conditions extérieures pour accumuler leur action.

Toutefois, il serait peut-être téméraire de nier que les caractères deviennent plus fixes en se transmettant plus longtemps, et je crois qu'on peut résumer ainsi les remarques que nous venons de faire : tous les caractères, quels qu'ils soient, anciens ou nouveaux, tendent à devenir héréditaires, et ceux qui ont déjà résisté à toutes les influences contraires et se sont transmis fidèlement continuent, en règle générale, à résister à ces influences, et par conséquent restent héréditaires.

Nous avons constaté, dans le chapitre précédent, que lorsqu'on accouple deux individus appartenant à une même famille, mais assez distincts pour être facilement reconnaissables, ou qu'on croise deux races bien tranchées ou deux espèces, les produits, pendant la première génération, ont des caractères intermédiaires à ceux de leurs parents, ou ressemblent partiellement à l'un et à l'autre.

Ce n'est cependant pas là une règle invariable, car on a reconnu que, dans bien des cas, certains individus, certaines races ou certaines espèces exercentnne influence prépondérante au point de vue de la transmission de leurs caractères.

Prosper Lucas 2 a admirablement traité ce sujet rendu très-complexe par le fait que cette action prépondérante appartient parfois également aux deux sexes, ou est parfois plus énergique dans un sens que dans l'autre ; en outre, la présence de caractères sexuels secondaires rend très-difficile la comparaison des produits métis avec les races parentes.

Il semble que, dans certaines familles, un ancêtre ait eu une puissance très-grande de transmission sur la ligne descendante mâle ; il serait autrement difficile de comprendre que certains traits caractéristiques aient pu se transmettre après des unions avec des femmes appartenant aux familles les plus diverses, ainsi, par exemple, dans la famille impériale d'Autriche.

Nie-buhr affirme que les qualités intellectuelles se sont également transmises dans certaines familles romaines 3. On a également observé 5, chez les chevaux de course anglais, que certaines juments ont généralement transmis leurs caractères propres à leurs produits, tandis que d'autres juments, de sang également pur, ont laissé prévaloir les caractères de l'étalon.

Brown m'apprend que tous les petits d'un fameux lévrier noir, Bedlamite, étaient invariablement noirs, quelle que fût d'ailleurs la couleur de la mère, mais Bedlamite était fils de parents noirs et avait par conséquent dans le sang une prépondérance pour le noir. Les effets de la prépondérance apparaissent mieux dans le croisement des races distinctes.

Les Courtes-cornes améliorés, bien qu'appartenant à une race comparativement moderne, possèdent ordinairement, au plus haut degré, le pouvoir d'imprimer leur cachet aux autres races, et c'est surtout 5. Sturm et Girou citent des cas analogues relatifs à d'autres races de bétail et de moutons, mais où la prépondérance se trouvait du côté mile.

D'après les informations que j'ai recueillies dans l'Amérique du Sud. Holland, Chaplers on ilenlal l'kijuolorjij,p. Le chat de l'Ile de Man a les jambes postérieures longues et est dépourvu de queue ; le docteur Wilson a croisé un chat de l'île de Man avec des chattes ordinaires, Pt sur vingt-trois petits chais, issus de ce croisement, dix-sept étaient dépourvus de queue : dans le cas inverse, c'est-à-dire le croisement d'une chatte de l'île de Man avec les chats ordinaires, tous les petits étaient pourvus d'une queue, mais courte et imparfaite 8.

Dans les croisements réciproques entre les pigeons Grosse-gorge et les pigeonsPaons, la race Grosse-gorge semble, quel que soit le sexe, avoir la prépondérance sur l'autre ; mais je crois que ce résultat est plutôt dû à une faiblesse très-grande du pouvoir de transmission chez le pigeon Paon qu'à une augmentation extraordinaire de celui Ju Grosse-gorge, car j'ai observé que les Barbes ont aussi la prépondérance sur les pigeons Paons.

Bien que la race des pigeons Paons soit ancienne, il parait que cette faiblesse de son pouvoir de transmission est générale 9 ; j'ai cependant constaté une exception à cette règle dans un croisement entre un pigeon Paon et un Rieur. Le cas le plus frappant dont j'aie connaissance comme faiblesse de transmission chez les deux sexes est relatif au pigeon Tambour. J'ai croisé les deux sexes avec des Turbits de deux sous-races, avecdesCulbutants Amandes, des Heurtés et des RuntsJ'ai élevé plusieurs métis et les ai recroisés ; or, bien que les produits aient hérité de la huppe et des pattes emplumées ce qui arrive généralement dans la plupart des racesils n'ont jamais présenté aucune trace de la touffe du bec, ni du roucoulement du Tambour.

Boitard et Corbié ,0 affirment qu'on obtient toujours ce résultat quand on croise les pigeons Tambours avec d'autres races. Neumeister11dit cependant qu'en Allemagne on a, rarement il est vrai, obtenu des métis ayant la touffe et le cri spécial du Tambour ; j'ai fait venir d'Allemagne, une paire de ces mélisà huppe, mais je n'ai jamais entendu le roucoulement particulier à la race. Cette touffe reparut à la quatrième génération, mais le roucoulement faisait encore défaut, bien que les oiseaux eussent.

Cet exemple prouve quelle différence énorme il y a entre l'hérédité et la prépondérance, car nous avons la une race ancienne et bien établie, qui transmet fidèlement ses caractères, mais qui n'a presque point de puissance pour transmettre ses deux particularités caractéristiques, dès qu'on la croise avec une autre race. Je me propose d'emprunter encore aux poules et aux pigeons un autre exemple de l'énergie et de la faiblesse de la transmission d'un même caractère à leur descendance croisée.

La poule Soyeuse se reproduit exactement, et parait être une race fort ancienne: cependant, lorsque j'élevai un grand nombre de métis d'une poule Soyeuse, par un coq Espagnol, pas un ne présenta la moindre trace du plumage dit soyeux. Hewitt affirme aussi que jamais cette race croisée avec une autre variété ne transmet ses plumes soyeuses. Il semble donc certain que cette race a rarement le pouvoir de transmettre à sa progéniture croisée son plumage spécial.

D'autre part, il existe une sous-variété du pigeon Paon, dont les plumes sont à peu près dans le même état que celles de la poule Soyeuse : or, nous venons de voir le peu d'énergie que possèdent les pigeons Paons en général, pour transmettre leurs qualités à leurs produits lorsqu'on les croise ; cependant, la sous-variété soyeuse transmet invariablement ses plumes soyeuses, lorsqu'on la croise avec une autre race de petite taille ".

Paul, célèbre horticulteur, m'apprend qu'il a fécondé réciproquement la rose-trémière dite Prince noir avec le pollen de la variété dite Globe blanc et la variété dite Limonade avec la variété Prince Noir ; or, aucun des produits de ces croisements n'a hérité de la couleur noire de la variété Prince noir. De même, M. En cas de croisements entre espèces, la loi de la prépondérance se manifeste dans les mêmes conditions que lorsqu'il s'agit de croisements entre des races ou entre des individus.

Gartner 1G a démontré qu'il en est incontestablement ainsi chez les plantes.